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La reconstruction du Pont
Par Yves DUBERTRAND
 

lienDes travaux prévus en deux ans
lienUn différend
lienUne bonne volonté évidente
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La crue de 1678 n'amena pas que la destruction de l'église; elle amena aussi celle du pont. Ce fait avait une importance plus grave que l'on ne pourrait le croire, car c'était, sans exagérer, le seul lien vital entre le village et les autres bastides de la rive opposée, ainsi qu'un lieu de passage pour mener les troupeaux dans les landes de Pontacq et de Ger. Ce passage daterait, semble-t-il du XIVème siècle, le premier pont aurait été construit par les habitants de Montaut, vraisemblablement vers 1308.

En 1335, les Lestellois bénéficièrent du même privilège pour des raisons identiques. Dès lors, les frais furent partagés par les deux bastides pour son entretien. En 1631, une convention fut établie qui prévoyait que Lestelle se chargerait de deux poutres de flanc, et Montaut de la poutre du milieu. Ce pont fut détruit en 1646, 1676 et 1678, toujours par les crues.

Il était en bois, assez étroit, et dangereux. Les deux rives n'étant pas au même niveau, cela entraînait un déséquilibre et il fallait certainement faire preuve d'un grand sang-froid pour traverser au-dessus des eaux mugissantes quelques pieds en dessous. Dès le début de sa construction, le pont fut placé sous la protection de la Vierge.

Les habitants décidèrent finalement de faire construire un pont qui serait plus stable, mais aussi plus solide, capable de résister à l'usure du temps et aux caprices de l'eau.

On décida donc d'en construire un en pierre. Pour ce faire, on demanda la permission au parlement de Pau qui donna son accord par un arrêt du 3 Août 1678. Il serait construit un peu en amont du pont existant. Lestelle devait fournir 2000 livres et Montaut 1000 livres pour les travaux.

Des travaux prévus en deux ans

Les 13 et 18 Août, dans leurs délibérations, Lestelle et Montaut acceptaient cet arrêté. On confia le soin de diriger les travaux aux chapelains. L'adjudication fut proclamée les 5, 12, 13 et 15 Février de l'an 1680 dans les villes voisines de Pau, Nay et Pontacq. Des maîtres maçons se présentèrent et furent acceptés.

Le 23 Mars 1681, ils s'engagèrent à construire le pont «en un seul arceau» au commencement de la descente qui vient du dit lieu de Montaut en l'endroit où le Gave est le plus étroit... et ceci dans l'espace de deux ans. Les travaux commencèrent aussitôt émaillés par une série d'accidents. Le premier accident survint lorsque les clefs de voûte allaient être posées; les poutres ployèrent sous le poids des matériaux, et le pont alla s'effondrer dans le Gave. Cet accident sema le désarroi chez les Lestellois et les Montaltois, ainsi que chez les entrepreneurs qui avaient déjà dépensé la somme initialement prévue.

L'entrepreneur Daniel Bairon natif de Lescar, décida de travailler sur un nouveau projet établi par les chapelains. Le travail reprit le 18 Juin. Il s'engageait à reprendre les travaux et notamment à bâtir le cintre, les murailles, les garde-fous et les avenues, conformément à l'accord préalable du 23 Mars 1681 et ceci dans l'espace de deux ans. Les chapelains aidèrent les deux communes et versèrent la somme de 2000 livres. En 1685, le cintre fut posé. Les travaux se poursuivirent sans interruption et cela jusqu'au printemps de 1687. C'est ce pont que nous avons tous les jours sous les yeux. Au-dessus de la clef de voûte, se trouve une large dalle, placée au milieu sur la façade tournée vers le sanctuaire et Lestelle, portant cette inscription:

« Au nom de Dieu, Sainte Marie priez pour nous».
 « Ce pont a esté bati par Daniel Bairon de Lescar, maître ingénieur ».

Au milieu se trouvent trois croix entourant la date de fin de construction du pont «1687», le tout surmonté de deux fleurs de Lys.

Le pont assura très vite le passage entre les deux rives. La construction en était d'autant plus urgente que tout le XVIIème siècle amena à Bétharram une foule de pèlerins. Au dire de Saint Vincent de Paul, la chapelle « était une des plus fréquentée du royaume». Il évaluait le nombre de pèlerins à 15000 par an.

Un différend

Mais la construction du pont n'amena pas que des avantages. La configuration du quartier fut changée, le nouveau pont ayant été construit en amont par rapport à l'ancien. Le chemin longeant le sanctuaire fut surélevé jusqu'à 1mètre 50 du côté de Lestelle. De ce fait, le rez-de-chaussée du Monastère menaçait d'être en contrebas. Pour remédier à cela, les chapelains construisirent un mur de renforcement et délimitèrent ainsi un passage privé et intérieur, ce qui causa évidemment un grand émoi parmi les habitants de Lestelle, habitués à circuler librement dans ces parages. En outre, les boutiques de vente qui se trouvaient devant la chapelle furent englobées dans l'enceinte de la chapellenie.

Dès lors, les jurats de Lestelle, lésés dans leur intérêt exposèrent leurs doléances aux chapelains et leur expédièrent deux de leurs amis: David Ducamp, conseiller du Roy, membre ordinaire et doyen de la Chambre des Comptes de Navarre et leur notaire Maître Lahillone. Un accord n'intervenant pas, les jurats présentèrent le 16 Août 1687 une requête au parlement demandant la démolition des murailles. D'autres différends furent soulevés, notamment lors de la confection du censier terrier de la commune de Lestelle en 1675.

A l'intérieur se trouvaient réunis tous les privilèges des chapelains; ainsi par exemple l'enclos de la chapelle et du calvaire était exempt de toute charge et imposition ordinaire ou extraordinaire et soustrait à la police des jurats de Lestelle. Défense était faite de construire des hôtelleries ou de vendre du vin sur l'avenue menant à la chapelle.

Les chapelains jouissaient du droit de pêche sur le canal et l'enclos du moulin. Chaque Lestellois devait deux corvées annuelles pour la réparation des digues du canal allant au moulin. Au nom de leurs droits et de leurs libertés, les Lestellois demandèrent au parlement l'abolition de tels privilèges. Finalement, un accord intervint entre les deux communautés en mai 1684. En ce qui concerne les boutiques, il fut interdit aux Lestellois de les dresser dans l'enclos de la chapelle. Un espace leur fut réservé. Les jurats cependant pour ne pas trop mécontenter les chapelains firent payer une taxe aux tenanciers des boutiques et appliquèrent le produit de la taxe à l'entretien des lampes du Sanctuaire et de l'église. Les boutiques se déployaient sur deux lignes parallèles en direction du village. La taxe fut fixée selon l'éloignement: de 24 sols tournois pour les deux premières à 15 sols tournois pour les dernières.

Une bonne volonté évidente

Ces conflits furent réglés de part et d'autre avec une évidente bonne volonté. Les jurats n'affirmaient-ils pas d'ailleurs que «c'était l'intérêt commun de mettre fin au plus tôt et de consentir aux sacrifices nécessaires pour rétablir la bonne entente et l'union».

Ceci soumettait les chapelains aux mêmes lois que les Lestellois. Ainsi de Saint-Michel (le 29 septembre) au 25 Mars, les prairies et les champs étaient ouverts dans le village et devenaient un pâturage commun où le bétail errait librement. Le domaine des chapelains se devait de plier aux mêmes lois que les Lestellois, donc leurs terres furent soumises au droit de vaine pâture, excepté le calvaire. Les Lestellois décidèrent de respecter ces limites et les chapelains décidèrent de «supporter les habitants tant que faire se pourra».

Ce XVIIème siècle, nous l'avons vu, fut fertile en événements divers pour les habitants de la Bastide et pour leurs voisins les chapelains. Evénements allant de simples questions économiques à des affaires plus graves telles ces fameuses crues qui endeuillèrent le village mais qui amenèrent aussi plus de compréhension entre villageois. Un nouveau siècle apparaît; pour le monde, ce sera le siècle des lumières pour Lestelle et Bétharram, ce sera le siècle du développement.

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